cocteau

C'est en 1924, que Cocteau créa une série d'autoportraits qu'il nomma Le Mystère de Jean l'Oiseleur. La série ainsi que plusieurs lettres et dessins de Jean Cocteau ont été exposés au Palais des Foires qui abritent les collections de la Galerie nationale tchèque, puisqu'il s'avérait que Cocteau avait un ami tchèque. Cette série d'autoportraits ont été crée à l'hôtel Welcome à Villefranche-sur-mer, ville servant de refuge à Cocteau suite à la mort d'un ami qui lui fût très cher, Raymond Radiguet. Cette ville refuge fût appréciée par l'écrivain, située près de Nice,car il y trouvait beau temps et soleil, dont il avait énormément besoin suite au deuil de son ami qu'il n'arrivait pas faire. C'est en se regardant dans le miroir de sa chambre d'hôtel que Jean créa cette série de trente autoportraits, publiée quelques années plus tard grâce à une technique de reproduction spéciale - la phototypie. Jean Cocteau fût initié à l'opium après la mort de Radiguet en 1923 par Luis Laloy, auteur Du livre de la Fumée. C'est sous cette consommation intensive que Cocteau produisit les autoportraits, complétés de textes de natures diverses qui font souvent références à sa liaison avec Radiguet.
Les dessins représentent le visage mélancolique du poète et les textes en marge nous font deviner que son bouleversement en ce temps-là était profond. Nous sentons pessimisme : l'art et le dessin étaient sûrement les seuls moyens qui freinait l'artiste vers le désespoir total.

(p23 du livre Villefranche sur mer) Autoportrait n°29 du Mystère de Jean l'oiseleur. Encre sur papier. 1924
Cocteau a voulu exprimer ici la douleur qu'il ressentait par ses maux physiques, très souvent cutanés. En marge, il y écrit « Tous mes amis sont morts. Mes amis où êtes vous ? Comment vient-on ? Pitié ! Tendez moi une main d'ombre. »

(p54 du livre) Autoportrait n°13 du Mystère de Jean l'oiseleur. Encre et crayons de couleur sur papier, écrit à l'envers, réfléchi dans le miroir.
Sur ce dessin, Cocteau donne l'impression d'être en quête d'une chose qu'il n'arrive posséder. Il se reproduit avec une peau de couleur noire au niveau de la tête et semble avoir gommer des traits qui ensembles forment une étoile, dont le milieu est son nez et sa bouche. Il écrit en marge : « J'ai endormi des gens trop éveillés pour qu'ils rêvent à d'autres qui s'endormaient. J'ai crié de toutes mes forces. » Peut-être se sent-il responsable de la mort de ses amis ?

(p100 du livre ) Autoportrait n°30 du Mystère de Jean l'oiseleur. Encre et crayon bleu sur papier.
Nous voyons ici de façon nette que Cocteau s'aidait de points afin de se reproduire. Ici, il semble être très fatigué puisqu'il est cerné. Il dessine une étoile au niveau de son front. En marge, il écrit « Ne me dites pas « notre métier » s'il vous plaît. Le vôtre vous fait votre et le mien me tue ». Plus en bas il écrit à l'envers « Je regarde les étoiles. » Ici il évoque sa vocation d'écrivain et les ravages qu'elle provoque dans son état psychique.

(p106 du livre) Autoportrait n°32 du Mystère de Jean l'oiseleur. Encre et crayon de couleur sur papier.
Cet autoportrait est très mystérieux. En marge est écrit « Je suis bien gardé. Jean l'oiseleur ». Cocteau s'est représenté en train de lire un livre intitulé «Les étoiles » et semble tourné la tête à deux igoines lui montant dessus. Peut-être que ces animaux représentent la douleurs, due à l'opium, la tristesse d'une mort tragique. Mais il semble tout de même garder quelques cernes.

(p 124 du lire ) Autoportrait n°15 du Mystère de Jean l'oiseleur. Encre et crayons de couleur sur papier.
Ce dessin est plus complet que les précédents, il y a beaucoup plus de détails, de finesse. Effectivement, il représente ses cheveux et non plus une masse sur sa tête, sourcils, moustache sont présent, les yeux représentés de façon exhaustive. Cocteau se représente avec tige de rose dans sa bouche. Un cœur est représenté de façon organique, celui-ci démesurément grand. En marge, il y a écrit «Le diamant dur je suis, qui ne se rompt du marteau ». Peut-être a-t-il voulu dire qu'il est fort et qu'il arrive résister contre des forces négatives qui s'exercent sur lui (il est représenté avec deux crapauds qui tentent d'entrer dans sa veste. Ainsi, peut-être a-t-il voulu montrer que le mal voulu s'introduire en lui.). Pour la première fois, il se représente en train d'écrire une lettre où il y écrit « Un miracle sorti des mains du ciel m'a coupé la parole ». Effectivement, dans ces temps-là l'art et l'écriture avait pris le pas sur sa parole.

 

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